Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes canadiens. Un homme sur huit y sera confronté au cours de sa vie. Malgré ça, il y a une lueur d'espoir : le cancer de la prostate se soigne très bien s'il est détecté tôt.
En tant que directeur exécutif du Vancouver Prostate Centre et professeur et vice-président du département des sciences urologiques de l’Université de Colombie-Britannique, j’ai pu constater par moi-même à quel point la sensibilisation, le dépistage et les choix de mode de vie peuvent sauver des vies.
Quelles sont les causes du cancer de la prostate ?
Certains facteurs de risque échappent à ton contrôle, comme l’âge, les antécédents familiaux ou certains gènes héréditaires (comme les gènes BRCA1/2). Cependant, certains choix de mode de vie, que tu peux contrôler, jouent un rôle important.
Les taux de cancer de la prostate sont plus élevés au Canada et aux États-Unis que dans les pays asiatiques. Les hommes qui quittent l’Asie pour s’installer en Amérique du Nord adoptent souvent notre profil de risque plus élevé, probablement en raison de changements alimentaires.
L’alimentation nord-américaine a tendance à être plus riche en graisses saturées, en graisses trans, en sucres raffinés et en viande rouge, autant d’éléments associés à un risque accru de cancer de la prostate. À l’inverse, l’alimentation asiatique comprend souvent davantage d’acides gras oméga-3 provenant du poisson et des noix, ce qui peut contribuer à protéger la prostate.
Comment réduire ton risque
Mange davantage de ces aliments
Même si les chercheurs ne comprennent pas encore tout à fait le lien entre le cancer de la prostate et l’alimentation, des études suggèrent que manger davantage de ces aliments peut réduire ton risque de cancer de la prostate :
- Légumes verts à feuilles, tomates et légumes crucifères comme le brocoli et le chou-fleur
- Les protéines de soja, comme l’edamame et le tofu
- Le thé vert et le chocolat noir (avec modération)
- Les céréales complètes
- Le poisson, en particulier les poissons gras riches en oméga-3
- Les aliments ou compléments alimentaires contenant de la vitamine D (lait, soja enrichi, jaunes d'œufs, saumon, thon). L'exposition au soleil aide aussi ton corps à produire naturellement de la vitamine D.
Fais de l'exercice
Une activité physique régulière peut aider à prévenir la plupart des formes de cancer et de nombreuses autres maladies en renforçant le système immunitaire, en réduisant l'inflammation et en luttant contre certains effets néfastes d'un mode de vie sédentaire sur la santé.
Essaie de faire 150 minutes d'activité modérée par semaine : la marche, le jardinage ou toute autre activité qui te fait bouger compte.
Arrête de fumer
Le tabagisme a été associé à des formes plus agressives de cancer de la prostate. Si tu fumes et que l'idée d'arrêter te semble insurmontable, commencer par réduire ta consommation est déjà un bon début.
Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Parle-en à ton médecin ou découvre ces outils pratiques pour t’aider à arrêter.
L’importance du dépistage
Le dépistage précoce sauve des vies. Mais il n’y a pas de solution unique pour tout le monde. Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer de la prostate peut souvent être guéri.
Recommandations actuelles au Canada
- Plus de 70 ans : le dépistage n’est généralement pas recommandé, sauf si tu es en très bonne santé et que ton espérance de vie est supérieure à 10 ans.
- Entre 55 et 69 ans : discute avec ton médecin des avantages et des inconvénients d’un test sanguin de dosage du PSA. C’est ce qu’on appelle la prise de décision partagée. Ensemble, vous évaluez les avantages (détection précoce) par rapport aux risques (faux positifs, examens inutiles ou effets secondaires du traitement).
- Hommes à haut risque (antécédents familiaux, hommes noirs, porteurs des gènes BRCA1/2) : entame cette discussion plus tôt, vers 40-45 ans.
Quels sont les examens concernés ?
- Un test sanguin du PSA mesure une protéine produite par la prostate. Un taux élevé de PSA ne confirme pas la présence d’un cancer, mais indique la nécessité de procéder à des examens complémentaires.
- Le toucher rectal (TR) est un examen physique de la prostate réalisé par voie rectale pour détecter des nodules ou toute autre anomalie.
- Examens de suivi : si les résultats sont anormaux, ton médecin peut prescrire une IRM, d’autres dosages du PSA ou une biopsie (le seul moyen de confirmer un cancer).
Ces deux examens combinés sont plus efficaces que l’un seul. Tes premiers résultats détermineront la fréquence des examens futurs, qui varient d’une fois par an à tous les 2 ou 3 ans.
Quelles sont les nouveautés en matière de dépistage ?
- Les IRM permettent de réduire le nombre de biopsies inutiles et pourraient jouer un rôle plus important dès le début du processus.
- Des biomarqueurs sanguins et urinaires (comme l’indice de santé de la prostate ou les tests d’ARN) font actuellement l’objet d’études visant à améliorer leur précision.
- Les tests génétiques par prélèvement de salive ou de frottis buccal pourraient permettre de personnaliser l’évaluation des risques à l’avenir.
Symptômes : quand consulter un médecin

Les symptômes n'apparaissent généralement qu'à mesure que le cancer progresse, même si ceux énumérés ci-dessous peuvent aussi être dus à d'autres problèmes et doivent être examinés par un professionnel de santé :
- Besoin fréquent d’uriner, surtout la nuit
- Besoin urgent d’uriner
- Difficulté à démarrer ou à arrêter le jet d’urine
- Jet d'urine faible ou lent
- Sensation de brûlure ou douleur lors de la miction
- Présence de sang dans l'urine ou le sperme
- Éjaculation douloureuse
- Difficultés à avoir une érection
- Douleur ou raideur au niveau du dos, des hanches ou du bassin qui ne disparaît pas
- Fatigue
Options de traitement : à quoi s'attendre
Les plans de traitement dépendent du type, du stade et des facteurs de risque du cancer de la prostate pour chaque cas individuel.
- Cas à faible risque : souvent suivis par une « surveillance active » (bilan de santé régulier et changements de mode de vie) plutôt que par un traitement immédiat.
- Cancers plus agressifs : chirurgie pour retirer la prostate et/ou radiothérapie.
- Maladie avancée : hormonothérapie et nouveaux médicaments ciblant la propagation du cancer.
Même si le traitement est souvent efficace, des effets secondaires comme l’incontinence et la dysfonction érectile sont possibles. C’est pourquoi il est si important de bien peser le pour et le contre avant de décider de se faire dépister — et de déterminer quand se faire soigner.
Fais le premier pas
Comme on dit, savoir, c'est pouvoir. Utilise l'outil gratuit « Bilan de santé masculin » pour évaluer ton niveau de risque de cancer de la prostate et de sept autres problèmes de santé courants chez les hommes.
Télécharge la « Liste de contrôle de santé masculine » pour savoir quels examens envisager et à quel moment.
Rester informé, adopter un mode de vie sain, passer régulièrement des dépistages et connaître tes symptômes ainsi que les options de traitement peut t’aider à prendre ta santé en main.
Y a-t-il autre chose que tu aimerais savoir sur le cancer de la prostate ? N’hésite pas à nous en faire part dans les commentaires ci-dessous.
Tu ne te sens pas bien ?
Commence par là.
Des outils gratuits pour t'aider à gérer le stress, l'anxiété et les moments difficiles.
