Note de la rédaction : Cet article a été publié pour la première fois en septembre 2024 et a été mis à jour pour inclure de nouvelles recherches et informations issues d'essais cliniques.
On dit souvent que l'alcool, c'est du « courage liquide » ; c'est donc un peu ironique qu'il puisse réduire la production de l'hormone sexuelle qui aide les hommes à passer à l'action.
En tant qu’urologue et chirurgien-chercheur spécialisé dans l’infertilité masculine et la médecine sexuelle, j’ai discuté avec des hommes qui sont surpris d’apprendre que boire de l’alcool peut affecter leur taux de testostérone.
Cette surprise se transforme souvent en inquiétude quand ils découvrent que cette hormone joue un rôle clé dans l’énergie, l’humeur, la masse musculaire, la libido et la fertilité. C’est pourquoi il est important de comprendre comment l’alcool affecte la testostérone, quels symptômes surveiller si ton taux est bas, et quel est le lien avec la fertilité si tu envisages de fonder une famille.
Comment l’alcool affecte la testostérone
Boire un verre de temps en temps n’aura probablement pas d’effet sur ton taux de testostérone. Mais si tu en consommes régulièrement en quantités excessives, ça peut devenir un problème.
Voici ce qui se passe : si tu bois beaucoup en une seule fois, ton taux de testostérone peut chuter en seulement 30 minutes. La bonne nouvelle ? Si tu ne bois qu’occasionnellement, ton taux remonte assez vite.
En revanche, si tu bois régulièrement, ton taux de testostérone baisse de près de 7 %. Et si tu es un gros buveur ? Ton taux pourrait chuter de 20 à 50 %.
Alors, quelle conclusion en tirer ? Une consommation modérée d’alcool n’a généralement pas d’effet néfaste sur la testostérone, mais réduire ta consommation excessive peut aider tes taux hormonaux à revenir à des niveaux plus sains. Boire trop peut aussi contribuer à la prise de poids, à l’obésité et au diabète — des pathologies étroitement liées à un faible taux de testostérone et à de nombreux autres problèmes de santé. Boire trop peut entraîner une prise de poids, l’obésité et même le diabète, des pathologies toutes liées à un faible taux de testostérone et à de nombreux autres problèmes de santé.
Si tu te demandes si tu bois trop, découvre ici les signes d’un trouble lié à la consommation d’alcool.
Consommation d’alcool à long terme et testostérone
Les effets à long terme de l’alcool sur la testostérone font encore l’objet d’études, mais on en apprend sans cesse davantage. L’année dernière, une étude a montré que la consommation régulière d’alcool réduit considérablement les taux de testostérone. Tu veux en savoir plus sur tes habitudes de consommation ? Tu peux en savoir plus sur les signes d’un trouble lié à la consommation d’alcool ici. Le Centre canadien sur la consommation de substances et la toxicomanie (CCSA) propose également des informations utiles sur l’alcool et des conseils de santé qui peuvent t’être utiles.
Signes d’un faible taux de testostérone

Les symptômes d’un faible taux de testostérone (faible T) peuvent être vagues et se confondre avec toute une série d’autres problèmes de santé. C’est pourquoi tu ne te rends peut-être même pas compte que tu souffres de ce trouble ; tu peux simplement te sentir « pas dans ton assiette ».
Voici un aperçu de certains signes courants :
Symptômes sexuels
- Baisse de la libido
- Problèmes d’éjaculation ou baisse du volume
- Moins d'érections matinales
Symptômes psychologiques
- Tu te sens tout le temps fatigué (même après une bonne nuit de sommeil)
- Sensation de déprime ou sautes d’humeur
- Difficultés à se concentrer ou sensation de « brouillard mental »
- Difficultés à s'endormir et/ou à rester endormi
Symptômes physiques
- Prise de poids et difficulté à maigrir
- Perte de masse musculaire et de force
- Perte de cheveux sur le cuir chevelu, le visage, les aisselles, le pubis ou pratiquement partout où poussent des poils
- Fatigue (due à un faible taux de testostérone qui affecte la production de globules rouges)
Quand faire un bilan
Si ces symptômes te semblent familiers, il est peut-être temps d’en parler à ton médecin. En général, les médecins ne prescrivent pas de tests de testostérone de routine, sauf s’ils ont une raison de le faire. Par exemple, les troubles de l’érection sont souvent l’occasion de faire un test. Ça vaut le coup d’en parler si tu présentes plusieurs de ces symptômes.
Avec l’âge, le taux de testostérone diminue naturellement chez les hommes. À 40 ans, environ un quart des hommes présentent un faible taux de testostérone. Chez certains, cela commence dès la trentaine.
Comment faire un bilan de testostérone
Au Canada, pour faire un test, il faut généralement une prescription médicale. Voici ce à quoi tu peux t'attendre :
Le moment est important : les analyses doivent être effectuées le matin (idéalement entre 7 h et 11 h), lorsque le taux de testostérone est à son maximum.
Parle à ton médecin : explique-lui clairement tes symptômes. Sois précis sur les changements au niveau de ton énergie, de ton humeur, de ta libido et de ton état physique.
Prise en charge provinciale : les tests sont généralement pris en charge par les régimes d'assurance maladie provinciaux lorsqu’ils sont médicalement nécessaires, bien que les modalités de prise en charge varient d’une province à l’autre. Options privées : certaines cliniques privées proposent des tests de testostérone, mais vérifie bien leurs qualifications et discute des résultats avec ton professionnel de santé.
Faible taux de testostérone et fertilité

Si ton professionnel de santé t’a recommandé de prendre des compléments stimulants hormonaux alors que tu essaies de fonder une famille, assure-toi qu’il est au courant de tes objectifs en matière de fertilité.
On pourrait croire que les compléments à base de testostérone favorisent la fertilité, mais dans de nombreux cas, la prise de testostérone exogène (comme certains types de stéroïdes ou un traitement à la testostérone) peut entraîner l’infertilité.
Lorsque tu prends de la testostérone exogène, cela peut bloquer la production naturelle de cette hormone par ton corps et arrêter complètement la production de spermatozoïdes. Ce n’est pas le résultat que tu souhaites si tu essaies de fonder une famille.
Le mieux est de consulter un spécialiste de la fertilité masculine pour trouver un traitement qui augmente la testostérone de la manière la plus sûre possible.
Les taux de testostérone peuvent-ils remonter après avoir arrêté de boire ?
Voici une bonne nouvelle : ton taux de testostérone peut commencer à remonter en quelques semaines, voire quelques mois, après avoir arrêté de boire.
La rapidité de ta récupération dépend de la durée et de l’intensité de ta consommation d’alcool, ainsi que de l’existence éventuelle de lésions durables. Une étude menant un suivi auprès d’hommes en sevrage alcoolique a montré que les taux de testostérone étaient nettement plus élevés après six semaines d’abstinence.
Peu importe où tu en es, il n'est jamais trop tard pour faire un changement qui te fera du bien, à toi et à ta santé en général.
Les changements de mode de vie qui favorisent le taux de testostérone
Gère ton stress : le stress chronique perturbe toutes les hormones, y compris la testostérone. Prends le temps de te détendre.
Dors bien : un bon sommeil favorise un taux de testostérone sain, alors vise 7 à 9 heures de sommeil de qualité chaque nuit.
Mange sainement : laisse tomber la malbouffe transformée et privilégie les légumes, les graisses saines (comme les oméga-3) et les protéines maigres. En gros, si c’est bon pour ton cœur, c’est bon pour ta testostérone.
Fais régulièrement de l’exercice : l’activité physique stimule la testostérone, mais n’en fais pas trop. Trop d’exercice peut en fait avoir l’effet inverse. À l’inverse, un mode de vie sédentaire peut aussi faire baisser ton taux de testostérone.
Malgré le rôle majeur que joue la testostérone dans la santé masculine, on oublie facilement à quel point certaines habitudes, comme la consommation d’alcool, peuvent la déséquilibrer.
Alors, reste informé, écoute ton corps, parle à ton médecin si des symptômes apparaissent, et efforce-toi d’adopter des changements de mode de vie qui t’apporteront des bienfaits pour la santé bien au-delà de la testostérone. Enfin, si tu t’inquiètes pour ta fertilité, n’oublie pas de consulter un spécialiste avant de commencer un traitement à base de testostérone.
Si tu souhaites savoir comment tes antécédents et tes habitudes pourraient influencer ton risque de faible taux de testostérone, consulte notre outil « Bilan de santé masculin ». Bien qu’il ne remplace pas un diagnostic, il peut t’aider à mieux comprendre ton niveau de risque.
As-tu déjà souffert d’un déficit en testostérone et souhaites-tu partager ton histoire avec nous ? Laisse-nous un petit mot dans les commentaires ci-dessous pour qu’on puisse te contacter. Ou envoie-nous un e-mail à [email protected].
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