Des Jeux Olympiques à une partie endiablée de pierre-papier-ciseaux, la beauté de la compétition réside dans sa diversité. Ayant passé ma vie plongé dans le monde du sport en tant que commentateur, joueur, entraîneur et fan, j’ai vu des parcours façonner des gens de mille façons inspirantes — pas seulement en tant qu’athlètes, mais aussi en tant que personnes vivant leur quotidien.
Quand on m’a proposé pour la première fois de devenir « Champion national » pour la Fondation canadienne pour la santé des hommes (CMHF), ça m’a rappelé les moments où je ne faisais pas de ma santé une priorité. Comme beaucoup d’hommes, j’ai jonglé entre ma carrière, ma famille et les défis du quotidien, en reléguant souvent ma santé au second plan.
Mais au fil des années, j’ai appris que donner la priorité à son bien-être n’est pas seulement un choix : ça change vraiment la donne. Il s’agit de trouver des moyens de rester actif, de garder l’équilibre et de rester en contact avec les autres, quelles que soient les exigences de la vie. J’espère que certaines des leçons que j’ai tirées pourront inspirer d’autres hommes à faire passer leur santé en premier, eux aussi.
Changer la mentalité du « moi en dernier »
Pour beaucoup d’hommes, moi y compris, la vie a le don de nous faire passer du terrain de jeu au banc de touche. On se concentre sur notre carrière, notre famille et nos responsabilités… et parfois, notre santé passe au second plan. C’est un état d’esprit qu’il faut changer. J’ai eu plusieurs moments de prise de conscience au fil des années, quand j’ai réalisé que je me concentrais sur tout sauf ma santé.
Les statistiques montrent que les hommes canadiens sont plus enclins que les femmes à adopter des comportements à risque pour leur santé, à tarder à consulter un médecin et à négliger les soins préventifs. D’après une étude de la Fondation canadienne pour la santé des hommes :
- 61 % ont déclaré avoir une alimentation malsaine
- 56 % ont déclaré dormir moins de sept heures, ou plus de neuf heures, par jour
- 50 % ne faisaient pas 150 minutes d’activité physique modérée à intense par semaine
- 29 % sont exposés à un risque de trouble lié à la consommation d’alcool
- 12 % fument des cigarettes
La bonne nouvelle, c’est que ça ne doit pas forcément se passer comme ça. En sensibilisant les hommes, en les encourageant et en leur fournissant des outils et des ressources pour qu’ils prennent leur santé en main, on peut faire baisser ces chiffres et créer un avenir où davantage d’hommes canadiens et leurs familles mèneront une vie plus saine et plus heureuse.
Rester actif, ce n’est pas tout ou rien
Le sport a toujours fait partie de notre mode de vie, à moi et à ma famille. En plus de nous aider à rester en forme physiquement, il forge le caractère, la résilience et la force mentale. Le sport nous apprend à transformer l’échec en moteur de réussite et à nous adapter. Blessures, maladies, revers, changements liés à l’âge… chaque défi sportif est le reflet de la vie.
En vieillissant, j’apprends à considérer la forme physique comme un élément essentiel de la longévité et de la qualité de vie. Rester actif, ce n’est pas devenir un athlète de haut niveau ou soulever les poids les plus lourds à la salle de sport ; c’est bouger tous les jours, garder sa force et se sentir bien.
De petits changements, comme des promenades quotidiennes, de l’exercice modéré et des étirements, peuvent faire toute la différence. Trouve des activités qui te plaisent – le hockey « amateur », le golf, la randonnée, le bowling ou même une marche rapide dans ton quartier – et continue simplement à bouger. Nos corps sont comme des voitures : si on ne les entretient pas, ils finissent par tomber en panne.
Sois proactif en faisant des choix plus sains
Mon conseil le plus important, c’est d’être proactif plutôt que réactif en matière de santé. On est trop nombreux à attendre d’avoir un problème grave avant d’aller chez le médecin ou de changer notre mode de vie.
Ça peut rendre le chemin vers la guérison bien plus long et compliqué. Des bilans de santé réguliers, des dépistages, et même de simples ajustements de mode de vie peuvent faire une énorme différence. Il s’agit de prendre des mesures raisonnables plutôt que d’attendre un signal d’alarme.
Je sais que se lancer dans un nouveau programme de remise en forme ou changer ses habitudes alimentaires peut sembler insurmontable. La clé, c’est de commencer par te fixer des objectifs réalisables sur lesquels tu pourras progresser petit à petit. Commence par boire plus d’eau, par exemple. Gare-toi plus loin que d’habitude de ta destination, prends les escaliers plutôt que l’ascenseur ou va faire une petite marche rapide après le dîner. Ce sont ces petits changements qui apportent des bienfaits durables pour la santé.
La paternité
Ma femme et moi avons toujours été très impliqués dans le sport, alors on a encouragé nos enfants (qui sont aujourd’hui adultes) à être actifs. On voulait qu’ils prennent plaisir à faire du sport plutôt que de se focaliser sur la « réussite ».
Quand nos enfants voulaient arrêter un sport, on leur demandait simplement de choisir une autre activité. Rester assis sur le canapé à jouer aux jeux vidéo ou à faire défiler les réseaux sociaux n’était pas une option. On voulait qu’ils s’investissent dans quelque chose, qu’ils apprennent et qu’ils grandissent. On a joué le rôle de guides, pas de managers, et on leur a laissé la liberté d’aimer ce qu’ils faisaient.
Briser le silence autour de la santé mentale
Trop souvent, les hommes sont conditionnés à garder leurs difficultés pour eux, pensant que demander de l’aide est un signe de faiblesse. Je suis là pour dire que demander de l’aide, c’est l’un des actes les plus courageux qu’un homme puisse faire. Les problèmes de santé mentale sont bien réels, et ils peuvent toucher n’importe qui d’entre nous, peu importe l’âge, le statut social ou le milieu d’origine. La stigmatisation qui entoure la santé mentale disparaît quand on parle ouvertement et honnêtement des difficultés auxquelles on est confronté.
J’ai des amis, des collègues et des proches qui ont été confrontés à des problèmes de santé mentale, et je sais à quel point il est important d’avoir un réseau de soutien. Les hommes doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls et que la santé mentale est tout aussi importante que la santé physique.
Communauté
Je suis super motivé à l’idée de travailler avec la CMHF et de rejoindre un mouvement fort. Le bénévolat et les actions caritatives, c’est pour avoir un impact concret, et je soutiens les organisations qui partagent cette philosophie.
Le chemin vers une vie plus saine est plus facile avec un réseau solide qui apporte soutien et encouragement.
Tout comme on peut compter sur ses coéquipiers, on peut s’appuyer sur sa famille, ses amis et sa communauté pour rester sur la bonne voie. Partage tes objectifs, inscris-toi à un cours de sport ou à un club, et utilise les réseaux sociaux pour découvrir ce qui te motive.
Pourquoi être un champion national est important pour moi
Je suis honoré d’être un champion national de la CMHF et je ressens le devoir d’aider les hommes canadiens à prendre conscience de l’importance de donner la priorité à leur santé. Changer notre mentalité collective pour qu’elle valorise la santé, encourage la forme physique et brise le silence autour de la santé mentale, ce sont des objectifs significatifs qui ont un impact positif.
Tout au long de ma carrière, j’ai couvert des histoires inspirantes d’athlètes qui ont surmonté d’énormes obstacles. Ces histoires m’ont appris que la résilience et la persévérance sont essentielles à la réussite. C’est une leçon qu’on peut tous appliquer à notre santé, qu’on soit olympien ou qu’on en soit au tout début de notre parcours vers une meilleure santé.
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