Pour certaines personnes, prendre leur téléphone et ouvrir les réseaux sociaux est devenu un réflexe plutôt qu’un choix délibéré — et ça arrive peut-être plus souvent que tu ne le penses. Une fois que tu prends conscience de ce que tu fais, apprendre à arrêter de faire défiler les publications sans réfléchir peut être plus simple que tu ne le crois.
Même si on conseille souvent, pour lutter contre le burn-out numérique, de simplement poser son téléphone ou d’arrêter d’un coup, vivre dans le monde d’aujourd’hui demande une approche plus nuancée.
« Les réseaux sociaux, c’est un peu comme une rivière », explique le Dr Amori Mikami, prof de psychologie à l’Université de Colombie-Britannique. « Donc, si tu montes sur un radeau et que tu te contentes de traîner, de t’endormir ou je ne sais quoi, en te laissant emporter là où ça te mène, ça ne va probablement pas te mener là où tu veux aller.
» Donc, pour adopter des habitudes plus saines sur les réseaux sociaux, il ne s’agit pas seulement de la durée que tu passes en ligne. Il s’agit aussi de choisir consciemment ce que tu fais pendant ce temps-là.
Points à retenir
Pour adopter des habitudes plus saines sur les réseaux sociaux, ça ne se résume pas seulement au temps que tu passes en ligne. Ça dépend aussi de ce que tu fais pendant ce temps-là.
- La façon dont tu utilises les réseaux sociaux a son importance. Entrer en contact avec tes amis et tes communautés peut être bénéfique, tandis que le défilement sans réfléchir et les comparaisons constantes peuvent te faire te sentir moins bien.
- Le temps passé devant un écran, c'est pas tout. Le temps que tu passes sur les réseaux sociaux, c'est important, mais ce que tu fais quand tu es en ligne, ça compte aussi.
- De petits changements peuvent t'aider à te débarrasser de cette habitude de faire défiler sans arrêt. Te déconnecter des applis, faire le point avec toi-même avant de les ouvrir et les fermer quand t'as fini peuvent t'aider à utiliser les réseaux sociaux de manière plus réfléchie.
Les réseaux sociaux, c’est toujours mauvais pour toi ?
Mettons les choses au clair dès le départ. Les réseaux sociaux ne sont pas mauvais en soi. Ça peut être un moyen pratique de rester en contact avec des amis et des proches qui habitent loin. Pour les gars qui viennent de milieux où ils sont en minorité, ou qui doivent cacher une partie de leur identité, les communautés en ligne peuvent être une véritable bouée de sauvetage.
Si tu n’as personne dans ton entourage qui comprenne ce que tu vis, les applications de réseaux sociaux peuvent t’ouvrir les portes de communautés qui t’apportent un soutien sincère et sans jugement.
Mais ça peut mal tourner quand on arrête d’utiliser ces applis pour créer des liens et qu’on se laisse passivement emporter par ce courant algorithmique. Les réseaux sociaux ont compris que plus ils te font défiler longtemps, plus ils gagnent d’argent. Aujourd’hui, les fils d’actualité regorgent de courtes vidéos et de contenus créés par des créateurs dont le seul but est de retenir ton attention — et non de favoriser de vraies relations.
Cette exposition constante fait monter en flèche la « pression liée à l’image de soi ». C’est cette introspection intense où tu compares sans cesse ta vie en coulisses aux moments forts soigneusement sélectionnés que les autres partagent. Ajoute à ça les notifications pour les « j’aime », les commentaires et les partages, et on comprend facilement pourquoi les gens se sentent épuisés après avoir passé un moment à faire défiler leur fil d’actualité.
Pourquoi les interdictions sur les réseaux sociaux ne marchent pas toujours
Avec l’augmentation des problèmes de santé mentale, on entend parler de mesures législatives très strictes, comme les débats autour du « Safe Social Media Act » au Canada ou l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en Australie. Mais est-ce que ces interdictions générales sont vraiment réalistes ?
Les premières données en provenance d’Australie montrent que plus de 80 % des jeunes ados trouvent déjà des moyens de contourner les restrictions. Pense à l’époque où tu étais ado. Y a-t-il des choses que tu faisais et dont tes parents n’ont toujours pas la moindre idée ? L’interdiction fonctionne rarement comme prévu.
En plus de ça, imposer une interdiction élimine les aspects positifs des réseaux sociaux, ceux qui favorisent le tissu social, en même temps que les aspects négatifs. Et si quelqu’un est complètement exclu du monde numérique jusqu’à un certain âge, il se retrouve finalement plongé dedans à l’âge adulte sans avoir les compétences pratiques pour s’y déplacer en toute sécurité.
Arrêter d’un coup, faire une pause sur les réseaux sociaux ou utiliser des outils de verrouillage d’applications peut être un bon moyen de se recentrer pour certaines personnes. En effet, une étude récente menée par le Dr Mikami a montré qu’une pause complète sur les réseaux sociaux améliorait le bien-être mental d’un tiers des participants. Mais si arrêter complètement n’est pas réaliste, il existe une autre option qui a fait ses preuves : les données de cette même étude montrent que changer intentionnellement ta façon d’utiliser ces plateformes peut être tout aussi bénéfique pour ta santé mentale pendant au moins six semaines.
Comment se débarrasser de l’habitude de faire défiler les pages
Tu as plus de contrôle sur ton fil d’actualité que tu ne le penses. Au lieu de compter uniquement sur des minuteries strictes pour te déconnecter d’une appli, essaie ces stratégies pratiques pour sortir de la boucle du « pilotage automatique » :
- Déconnecte-toi de tes applis : ne te contente pas de fermer l'appli. Déconnecte-toi complètement de tes comptes de réseaux sociaux sur ton téléphone. Ça t'empêchera d'appuyer machinalement sur l'icône et évitera que les notifications te poussent à y retourner. Le fait de devoir saisir manuellement un mot de passe te donne un instant pour décider en toute conscience si tu veux utiliser l'appli ou pas.
- Le petit bilan personnel : quand tu sens l'envie de prendre ton téléphone, fais une pause et demande-toi : qu'est-ce que j'ai envie de faire ? C'est le bon moment ? Ça va m'être bénéfique ? Tu as vraiment envie de prendre des nouvelles d’un pote, ou tu regardes juste ton téléphone pour éviter une situation sociale gênante ou pour procrastiner ? Si tu t’ennuies dans le bus et que tu veux juste regarder des vidéos marrantes pour tuer le temps, c’est tout à fait OK — tant que c’est un choix délibéré.
- Ouvre l'appli, puis ferme-la : si tu veux voir si ton pote a posté des photos du match de hockey pour lequel il avait des places au premier rang, vas-y, fais-le. Comme les algorithmes influencent ce qu'on voit dans notre fil d'actualité, tu devras peut-être chercher directement son profil. Laisse un commentaire, atteins ton objectif, puis ferme l'appli.
Trouver un meilleur équilibre avec les réseaux sociaux
Pour reprendre le contrôle de ton temps passé devant les écrans, il faut passer du défilement passif à une connexion consciente. Comme le souligne le Dr Mikami, si tu te rends compte que tu passes des heures par jour sur les réseaux sociaux, tu as probablement dépassé le stade où l’on construit de vraies relations et tu es tombé tout droit dans le piège du défilement sans fin.
Garder un œil sur l’heure (même quand tu utilises les réseaux sociaux de manière réfléchie) reste une bonne idée. Par exemple, une étude récente de la Fondation canadienne pour la santé des hommes a révélé que les hommes qui passent plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux font état de taux plus élevés de problèmes de santé mentale, notamment d’anxiété et de dépression. Mais la solution ne se résume pas à regarder un minuteur décompter les minutes.
En utilisant les réseaux sociaux de manière plus réfléchie et consciente à chaque fois que tu te connectes, tu peux profiter des aspects positifs du monde numérique sans te laisser entraîner par ses aspects plus discutables.
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