En 2017, Al Carl a reçu une nouvelle qu’aucun homme ne souhaite entendre. Il a appris qu’il avait un cancer de la prostate à un stade avancé.
Des examens complémentaires ont montré que la maladie s’était déjà propagée au-delà de la prostate et avait atteint 11 ganglions lymphatiques voisins. Face à un plan de traitement intimidant, Carl a subi une chirurgie robotisée, 33 séances de radiothérapie réparties sur cinq semaines et six mois d’hormonothérapie visant à éliminer la testostérone de son corps, dans l’espoir de s’en sortir vivant.
La bonne nouvelle, c’est qu’il y est parvenu. Ça a été un parcours difficile, mais près d’une décennie plus tard, Carl est devenu la preuve vivante que même un cancer de la prostate agressif peut être vaincu.
Aujourd’hui, ses examens ne montrent aucun signe de récidive du cancer et il mène une vie active à Ottawa, tout en dirigeant des réseaux de soutien aux personnes atteintes du cancer de la prostate à travers le Canada et en siégeant au conseil d’administration de la Fondation canadienne contre le cancer de la prostate.
Alors, est-ce qu’on peut mener une vie normale après un cancer de la prostate ? Pour beaucoup d’hommes, oui. Les résultats dépendent de plusieurs facteurs, notamment le type et le stade du cancer, le traitement nécessaire et ton état de santé général. Le traitement peut aussi entraîner des effets secondaires physiques et émotionnels durables. Mais beaucoup d’hommes continuent à mener une vie active et épanouissante pendant et après le traitement du cancer de la prostate.
« Je vis au quotidien avec le cancer de la prostate, car je sais que le dépistage précoce sauve des vies », a déclaré Carl. « En tant qu’hommes, on ne sait peut-être même pas si notre père a eu un cancer de la prostate. On ne parle pas de ces questions médicales, et du coup, on ne se fait pas dépister. »
Le cancer de la prostate se soigne très bien s’il est dépisté à temps, et tu as les moyens de t’en protéger, une fois que tu connais les options qui s’offrent à toi.
Peut-on détecter un cancer de la prostate avant l’apparition des symptômes ?
L’une des plus grandes idées reçues sur la santé de la prostate, c’est de croire que tu te sentiras mal si quelque chose ne va pas. En réalité, le cancer de la prostate à un stade précoce ne provoque que rarement des signes avant-coureurs évidents.
« Tu ne ressens rien tant qu’ils ne t’ont pas diagnostiqué que tu as besoin d’un traitement », a expliqué Carl.
Même si certains hommes peuvent remarquer des changements au niveau de la miction (comme le besoin d’uriner plus souvent, surtout la nuit), ces changements peuvent souvent être dus à des problèmes courants et non cancéreux, comme une hypertrophie de la prostate.
Se fier au fait de « se sentir bien » ne vaut pas le risque. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes canadiens, et le taux de survie à 5 ans est de près de 100 % lorsqu’il est détecté suffisamment tôt.
Quand le cancer de la prostate n’est pas détecté avant d’avoir atteint un stade avancé, il peut former des métastases dans les os et d’autres organes, ce qui rend le traitement beaucoup plus difficile. Le dépistage préventif est le moyen le plus efficace pour détecter la maladie à un stade précoce.
Comment faire un dépistage du cancer de la prostate ?
Si l’idée d’un examen physique t’a poussé à repousser ton rendez-vous, j’ai une bonne nouvelle pour toi. Le dépistage du cancer de la prostate repose principalement sur une prise de sang rapide appelée « test PSA ».
« Considère le test PSA comme le voyant d’alerte du moteur de ta voiture », a expliqué Carl. « Si ton taux de PSA est plus élevé que la normale ou s’il augmente rapidement d’une année sur l’autre, ça t’indique, à toi et à ton médecin, qu’il est temps de faire des examens plus approfondis. »
Comme des problèmes non cancéreux peuvent aussi entraîner des pics temporaires dans les résultats des analyses, les médecins évaluent tes valeurs de référence et les tendances au fil du temps plutôt que de se fier à un seul résultat ponctuel.
À quel âge les hommes devraient-ils passer un dépistage du cancer de la prostate ?
Pour s’y retrouver dans le dépistage du cancer de la prostate, il faut un peu de savoir-faire :
- De 40 à 45 ans : les hommes présentant des risques accrus, comme les hommes noirs et ceux qui ont des antécédents familiaux de cancer de la prostate, ont tout intérêt à demander un test PSA de référence plus tôt que la plupart des gens.
- De 50 à 69 ans : discute avec ton médecin des avantages et des inconvénients du dosage sanguin du PSA. Ensemble, vous pourrez mettre en balance les avantages (détection précoce) et les risques (faux positifs, examens inutiles ou effets secondaires du traitement).
- Plus de 70 ans : le dépistage n’est généralement pas recommandé, sauf si tu es en très bonne santé et que ton espérance de vie est supérieure à 10 ans.
Peut-on guérir le cancer de la prostate ?
La plupart des cancers de la prostate se soignent très bien lorsqu’ils sont détectés tôt. Le traitement et le pronostic dépendent du type de cancer de la prostate, de son agressivité et de la présence ou non de métastases. Certains cancers de la prostate évoluent lentement et peuvent se contenter d’une surveillance attentive, tandis que d’autres nécessitent une intervention chirurgicale, une radiothérapie, un traitement hormonal ou une combinaison de traitements.
Le cancer de Carl nécessitait un traitement agressif, car il s’était déjà propagé au-delà de sa prostate.
Gérer le traitement et la vie après un diagnostic de cancer de la prostate
Les options de traitement dépendent vraiment du stade auquel le cancer est détecté. Alors que Carl a dû subir une intervention chirurgicale, une radiothérapie et un traitement hormonal en raison de son diagnostic à un stade avancé, de nombreux cancers à un stade précoce évoluent lentement et peuvent être suivis en toute sécurité avec des traitements moins agressifs.
Pour ceux qui suivent un traitement, des effets secondaires comme l’incontinence temporaire, la dysfonction érectile ou les bouffées de chaleur peuvent survenir. Le rétablissement est différent pour chacun, et certains hommes peuvent avoir besoin d’un accompagnement continu pour gérer les effets secondaires physiques, sexuels ou émotionnels du traitement.
Mais tu n’es pas obligé de faire face à ça tout seul. Grâce à un réseau national de groupes de soutien, des associations comme la Fondation canadienne contre le cancer de la prostate mettent directement en relation les hommes qui viennent d’apprendre leur diagnostic avec des survivants.
« Si ton médecin te dit que ton incontinence devrait s’améliorer en trois mois, mais qu’au bout de cinq mois, c’est toujours pas le cas, les hommes s’inquiètent », a expliqué Carl. « On te met en contact avec quelqu’un qui est passé par là pour que tu saches comment t’adapter sans avoir l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche chez toi. »
Comment rester en bonne santé pendant et après un traitement contre le cancer de la prostate
Prendre soin de ta santé en général peut aussi jouer un rôle important pendant et après le traitement du cancer de la prostate. Des habitudes saines peuvent favoriser ton rétablissement, t’aider à gérer certains effets secondaires du traitement et améliorer ta santé à long terme.
Les médecins recommandent :
- Garder un poids sain : l’obésité est associée à des formes plus agressives de cancer de la prostate et complique le traitement.
- Rester actif physiquement : pratiquer régulièrement des exercices cardiovasculaires et de musculation favorise la santé générale et aide à gérer les effets secondaires si jamais un traitement s’avère nécessaire.
- Adopter une alimentation équilibrée : privilégie les aliments complets, les protéines maigres et beaucoup de légumes, tout en limitant les aliments très transformés.
- Donner la priorité à la santé mentale : gérer son stress et maintenir une communication ouverte avec ses proches et ses collègues, c’est essentiel pour se sentir bien sur le long terme.
Que tu envisages un dépistage du cancer de la prostate, que tu sois en cours de traitement ou que tu t’adaptes à la vie après la maladie, rester impliqué dans ta santé et demander de l’aide quand tu en as besoin peut faire toute la différence.
« Ne laisse pas le hasard décider à ta place », a conseillé Carl. « Fais-toi dépister tôt, établis une base de référence, et encourage tes amis et les membres de ta famille à faire pareil. »
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