Le golfeur pro Nick Taylor a décroché une victoire historique lors de l’Open du Canada 2023 de la PGA. Il est devenu le premier Canadien à s’imposer chez lui depuis 69 ans.
Dans un épisode récent du podcast « Don't Change Much », Nick s'est entretenu avec nous pour partager ses réflexions sur sa santé physique et mentale, notamment sur la façon dont il met en place de petites habitudes pour obtenir des résultats significatifs et rester en contact avec sa femme et ses enfants lorsqu'il est en déplacement.
Dan Murphy : Ça fait une décennie et demie que tu es sur le circuit. Qu’est-ce qui change pour toi pendant l’intersaison, ou quelles améliorations apportes-tu en termes de stratégies de préparation mentale ?
Nick Taylor : Ça repose en grande partie sur ce que j’appelle les « petits détails à 1 % » : apporter de légers ajustements à mes routines quotidiennes pour tout orienter vers l’objectif final, qui est d’être le meilleur possible. Du coup, beaucoup de mes habitudes sont de simples changements, que ce soit au niveau de mon alimentation ou de mon programme de musculation. Je m’en tiens à ce processus, que je répète sans relâche depuis janvier.
L’un des premiers changements que j’ai apportés, c’était de faire beaucoup d’exercices de pleine conscience. En gros, c’est juste être conscient de la direction que prennent mes pensées. Je me suis entraîné à prêter attention à ce que je faisais sur le parcours et en dehors, et à avancer à petits pas, ce qui a fini par apporter de grands changements à long terme.
Un sommeil de qualité
Dan Murphy : Est-ce que le sommeil joue un rôle important pour toi dans l’optimisation de ta pleine conscience et de tes performances ?
Nick Taylor : Le sommeil a joué un rôle énorme dans ma réussite. Donner la priorité au sommeil a été l’une des premières mesures que j’ai prises pour être au meilleur de ma forme.
Bien dormir est devenu un sujet très en vogue, surtout ces trois dernières années. C’est super important d’avoir non seulement une heure de coucher régulière, mais aussi une heure de réveil fixe. Si tu manques de sommeil, surtout si ton boulot t’oblige à te lever très tôt — dans mon cas, pour un départ matinal au golf —, tu risques d’être un peu plus irritable et moins patient si tu n’as pas assez dormi.
Parfois, tu peux faire un bon parcours, mais vers la fin, tu auras probablement l’impression de perdre patience. Et ça peut affecter ton swing, ton score et ton état d’esprit. Je donne la priorité au sommeil autant que possible.
Fixer des objectifs
Dan Murphy : Et pour la définition d'objectifs ? C'est quelque chose que tu fais avant le début de la saison ? Est-ce que ça change au fur et à mesure que la saison avance ?
Nick Taylor : En matière de définition d’objectifs, une grande partie de la planification consiste à s’en tenir à une routine quotidienne.
J’ai lu un super livre cet automne qui m’a marqué, intitulé *Atomic Habits* de James Clear. Ça m’a vraiment interpellé et ça m’a aidé à mieux me concentrer pour m’améliorer au quotidien.
C’est donc là que se situent la plupart de mes objectifs. Qu’il s’agisse de prendre une douche froide, de cultiver la conscience de soi, de pratiquer des techniques de respiration ou de m’en tenir à mes exercices de golf, mes routines quotidiennes ont été très régulières, et ça marche pour moi.
J’ai commencé à réaliser que si je m’en tiens à mes objectifs de méthode et que je m’y tiens vraiment avec assiduité, les résultats suivront d’eux-mêmes, et c’est pour ça que cette année, j’ai probablement été au meilleur de ma forme.
Équilibre entre vie professionnelle et vie privée
Dan Murphy : Comment as-tu concilié ta vie professionnelle avec ton rôle de père et de mari ? Ça a parfois été difficile ?
Nick Taylor : Il faut vraiment bien organiser son temps. Je veux passer du temps avec mes enfants, mais je veux aussi donner le meilleur de moi-même sur le parcours de golf.
Je veux être présent pour ma femme, Andie, pour l'aider et pour qu'on passe du temps ensemble. Il s'agit vraiment de donner la priorité au temps passé en famille et de bien organiser les choses pour être le plus efficace possible.
Maintenant que je suis de retour à la maison, ce sont mes habitudes d’entraînement qui ont le plus changé. Je me réserve quelques heures par jour, en m’organisant autour des siestes de mes enfants et d’autres moments comme ça. Pour m’entraîner comme il faut et me sentir prêt pour le parcours, tout en étant présent pour ma femme et mes enfants, je dois travailler aussi efficacement que possible.
Le soutien de ma famille
Dan Murphy : Comment ton réseau de soutien – ta famille et ton équipe – contribue-t-il à ta réussite sur le parcours ?
Nick Taylor : Oh, c’est énorme. Le soutien qu’Andie m’apporte, que ce soit à la maison ou sur le parcours, est sans égal. La famille est tellement importante pour moi, mais je dois me montrer égoïste quand on est en déplacement et m’en tenir à mon emploi du temps, ce qui peut être dur pour elle. Mais être ensemble, c’est vraiment important pour nous.
Tous les entraîneurs que j’ai eus dans mon équipe et mon caddie m’ont aidé à donner le meilleur de moi-même. Donc, leur influence à tous, les heures qu’on a passées ensemble, c’est vraiment essentiel pour tous ces succès.
Garder de bonnes habitudes
Dan Murphy : Quand tu t’entraînes, tu aimes bien varier un peu les choses ? Disons que quelqu’un a du mal à rester motivé à l’entraînement : tu lui conseillerais de changer un peu ses habitudes pour garder sa motivation au top ?
Nick Taylor : Tout à fait. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, que ce soit dans ta carrière, ta condition physique ou n’importe quel objectif que tu te suis, alors oui, il faut absolument pimenter un peu les choses.
Je me souviens avoir lu une citation intéressante un jour : « La motivation, c’est une émotion, et on ne peut pas compter dessus. » Pour moi, ça veut dire que si tu as des habitudes que tu respectes chaque jour, peu importe comment tu te sens, une fois que tu auras pris ces bonnes habitudes, tes objectifs se réaliseront d’eux-mêmes.
J’ai toujours été quelqu’un d’assez motivé. Pourtant, il m’arrive parfois de me réveiller le matin sans aucune envie de faire X, Y et Z, ce que j’avais prévu de faire ce jour-là. Mais comme je me suis tenu à ces habitudes quotidiennes et qu’elles sont désormais ancrées, du moins d’après mon expérience cette année, c’est beaucoup plus facile de s’y tenir.
L’une des choses dont James Clear a parlé, c’est que le plus dur quand on va à la salle de sport, c’est d’enfiler ses chaussures pour y aller. Ce n’est pas d’arriver à la salle de sport en soi. En t’en tenant à de bonnes habitudes quotidiennes, qu’il s’agisse d’alimentation, d’exercice physique ou de petits détails comme laisser tes chaussures de sport près de la porte, tu crées un environnement qui t’aide à atteindre tes objectifs.
Je n’ai pas fait de changements individuels radicaux, mais au final, tous ces petits changements combinés ont contribué à faire de cette année une année mémorable pour ma carrière jusqu’à présent.
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