Tu savais que le sport peut changer radicalement ta façon de gérer le stress au quotidien ? Le Dr Eli Puterman, professeur à l'UBC et chercheur primé, Simon Whitfield, quadruple olympien, et l'animateur invité Buzz Bishop ont abordé ce sujet et bien d'autres dans un récent épisode du podcast « Don't Change Much ». Poursuis ta lecture pour découvrir comment l’activité physique influence ton humeur et quelle intensité il faut pour obtenir des résultats.
Comment l'activité physique influence ton esprit
Buzz Bishop : Quel est l’effet de l’activité physique sur ton humeur ?
Eli Puterman : La liste est très longue. En général, toutes les études soulignent que le fait de bouger son corps permet de réduire les niveaux de dépression et d’anxiété, et d’améliorer la façon dont tu gères ton quotidien.
L’une des études que j’ai menées portait sur des personnes âgées qui s’occupent d’un proche atteint de démence ou de la maladie d’Alzheimer. On a constaté que chez les personnes qui n’avaient pas fait d’exercice depuis très longtemps — car elles consacraient la majeure partie de leur temps à s’occuper de quelqu’un —, six mois d’activité physique ont modifié leurs niveaux de dépression, de stress et d’anxiété, et ont bien sûr amélioré leur santé.
On a aussi observé comment ils vivaient leur quotidien, et on a constaté qu’ils avaient davantage le sentiment de maîtriser leur vie au jour le jour. Ils ruminaient moins les événements négatifs de leur journée. Ils se sentaient aussi de meilleure humeur tout au long de la journée.
L’activité physique peut révolutionner la façon dont on gère le stress au quotidien… Les gens se sentent moins tristes ; ils se sentent moins anxieux ; ils se sentent moins stressés… C’est époustouflant de voir les effets considérables que l’activité physique a sur notre esprit.
Combien d’exercice faut-il faire ?
Buzz Bishop : Combien faut-il en faire pour ressentir ces bienfaits ? Est-ce qu’il suffit de faire le tour du pâté de maisons ? Ou faut-il s’entraîner pour une course de 10 km ?
Eli Puterman : La Société canadienne de physiologie de l’exercice recommande 150 minutes par semaine… Soit 30 minutes par jour d’activité modérée à intense. Tout ça, ça devient vite un peu confus. Alors, de quoi les gens ont-ils besoin ? De faire plus qu’hier. C’est comme ça que je le conseille généralement.
Si tu aimes l'exercice léger, fais de l'exercice léger. Si tu aimes l'exercice modéré, fais de l'exercice modéré… Il faut que ce soit quelque chose que les gens trouvent agréable et qu'ils aient envie de continuer à faire plus souvent.
D’un point de vue chiffré, les gens qui font de l’exercice aujourd’hui ont moins de risques de développer une dépression à long terme. En faisant de l’exercice aujourd’hui pour ta santé mentale de demain, tu réduis ce risque de 20 % à 30 %.
Buzz Bishop : C’est tellement simple : fais plus qu’hier et trouve quelque chose qui te plaît. C’est une façon facile de s’y mettre.
Faire de l’exercice en vieillissant
Eli Puterman : Quand je vivais à San Francisco, je faisais tout le temps du trail. Chaque week-end, je parcourais entre 10 et 15 miles sur les sentiers avec des amis. En vieillissant, comme j’approche de la cinquantaine, j’ai évalué ce dont mon corps est capable… et j’en ai fait une démarche beaucoup plus personnelle. Je veux ne pas être malade pendant mes dernières années.
Je veux que ces années soient en bonne santé, que mon corps soit en bonne santé, le plus longtemps possible, pour qu’un jour je me réveille et qu’il me reste deux semaines à vivre, plutôt que de me réveiller et de voir ma santé décliner lentement sur une période de 10 ans.
Simon Whitfield : J’aime bien ça. Moi, j’appelle ça « être coaché par moi-même à 70 ans ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne me suis pas lancé dans l’Ironman ; je voulais que mes genoux tiennent le coup. Je me dis que mon « moi » de 70 ans a le droit d’avoir un corps et un esprit en forme et en bonne santé. C’est de l’empathie pour ton futur toi.
Ton toi futur te dit : « Hé, moi, dans quelques années, j’aimerais aussi pouvoir me promener sans avoir mal. Alors tu devrais peut-être lever les bras au-dessus de la tête pour garder ta mobilité et continuer à bouger. »
Avoir une vie sociale peut t’aider à rester actif
Buzz Bishop : L’autre aspect dont je t’ai entendu parler, Simon, c’est le côté social. J’aime bien boire des bières et manger des ailes de poulet avec les copains, mais si tu combines ça avec un tournoi de golf entre potes, un groupe de cyclisme sur Peloton ou si tu crées un groupe de randonnée, là tu gagnes sur les deux tableaux. T’es d’accord, Eli ?
Eli Puterman : Tout à fait. Pour la plupart des gens, bouger avec d’autres personnes, c’est ce qui les motive à persévérer… Une nouvelle méta-analyse va bientôt paraître, et une méta-analyse, c’est un résumé d’études scientifiques… La plupart des études se demandent : combien de minutes faut-il ? Faut-il que ce soit de l’aérobie ? Quel type d’activité choisir ?
Cette nouvelle étude qui va paraître s’est penchée sur différents types d’activité physique. Ils ont examiné la danse, la course à pied, le yoga ; ils ont passé en revue toutes sortes d’études…Le moyen le plus efficace pour réduire la dépression, c’est la danse, et c’est parce que la danse se pratique généralement avec d’autres personnes. Ça se fait en groupe ; c’est sympa, il y a de la musique. Et c’est pour ça qu’il faut bouger de manière à ce que ce soit un vrai plaisir…
Quand on fait de l’exercice, on libère aussi des endocannabinoïdes, qui sont un peu comme le CBD, dans notre cerveau et notre corps ; ça nous calme et ça nous procure ce « high du coureur ».
C’est ce qui me fait vibrer : cette euphorie que je ressens quand je m’accroche vraiment et que je me donne à fond. Je trouve ça super fun. Mais chacun a sa propre façon de faire. Je pense que le fait d’être sociable et d’être avec les autres est l’un des meilleurs moyens d’y arriver.
Simon Whitfield : Je joue en Masters B des plus de 35 ans dans la ligue de foot de l’île de Vancouver, et j’adore tout simplement le côté spectaculaire du sport. Juste pour te donner un exemple, on est allés jusqu’en demi-finale de la Tony Grover Cup. Et au bout du compte, ce qui comptait vraiment pour moi, c’était qu’on a pu aller au pub après et partager des anecdotes avec les gars, et qu’on était là. C’était ça, l’essentiel.
J’ai grandi avec cette idée que nos parents nous ont toujours martelée : ce qui compte, c’est l’effort que tu fournis, pas les résultats. Ça te libère vraiment et te permet de te consacrer à ta passion sans te soucier du résultat.
Peu importe ton apparence ; lance-toi, c’est tout
Buzz Bishop : Quand on parle de danse, ça peut être gênant et embarrassant.
Eli Puterman : L’une des choses les plus difficiles quand on fait des activités en groupe, que ce soit aller à la salle de sport ou suivre un cours de danse, c’est ce que tu ressens par rapport à ton corps, la relation que tu entretiens avec lui.
La plupart des gens ne partent pas d’un état d’esprit du genre « je fais du sport tout le temps et je me sens bien dans mon corps ». La plupart partent plutôt d’un état d’esprit « je déteste mon corps ». Je pense que les gens doivent surmonter le stress qu’ils ressentent par rapport à leur corps, la façon dont ils se sentent dans leurs vêtements, et simplement se dire : « bon, je vais le faire quand même ». Il y a beaucoup d’obstacles à surmonter, mais une fois que tu y arrives, c’est un véritable déferlement de sensations incroyables.
Autre chose : à la fin de la séance, souviens-toi des sensations que tu ressens, de cette euphorie, de ce calme, de cette convivialité, car ces souvenirs, si tu sais les mettre en avant en t’y replongeant pleinement, t’aideront à te remettre au sport la prochaine fois.
Pour en savoir plus sur l’approche de Simon Whitfield en matière d’exercice physique et sur son parcours d’athlète olympique, ainsi que sur les propos du Dr Eli Puterman, écoute dès maintenant le podcast dans son intégralité :
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