Quand la Fondation canadienne pour la santé des hommes m’a demandé d’être l’un de ses ambassadeurs, je me suis dit : « Pourquoi s’adressent-ils à Jim Hughson ? Je ne suis ni un joueur de hockey accompli, ni un athlète olympique. Je sais cuisiner, mais je suis loin d’être un chef, et j’ai bien entraîné du hockey, mais au niveau Bantam, pas en LNH.
Au bout d’un moment, j’ai quand même trouvé ma place dans ce groupe : aux côtés de beaucoup d’entre vous. Les gars du milieu. On fait du vélo, mais on ne grimpe pas dans les Alpes. On fait du paddle, mais juste autour de la jetée… Et on essaie de suivre les règles d’une bonne santé et d’une bonne forme physique, sauf quand on les enfreint !
Laisse-moi défendre la cause de tous les « hommes du milieu ».
En tant que commentateur de hockey, je mène une vie différente. Je suis sur la route plus de 100 jours par an, je travaille la nuit et le week-end, je vis dans des hôtels et des avions, des restaurants et des bars.
C’est pas facile de rester en forme dans ce genre d’environnement, et je fais souvent des trucs que je ferais jamais chez moi.
Tard le soir, après les matchs, j’avoue engloutir une pizza et descendre une bière d’un trait juste avant d’aller me coucher à 2 heures du matin. Et même si certains plats servis en avion ont l’air d’avoir été sortis d’une bombe aérosol, quand t’es fatigué, ça peut avoir le goût d’un plat concocté par Ned Bell.
Il faut trouver des moyens de contrebalancer ces excès pour rester en forme et garder l’esprit vif quand on est en déplacement. Ma solution : courir la NHL. Pas littéralement, mais au sens figuré.
Depuis plus de 30 ans, je trouve que courir dans chaque ville de la NHL où je me rends fait du bien à mon corps et à mon esprit.
La course le long de la Charles River à Boston (j’y suis souvent allé ces derniers temps), le mont Royal à Montréal au printemps, Central Park à New York et le sentier Guadalupe à San José font partie de mes préférés. Mon programme olympique personnel comprend des miles le long du Pô à Turin et de la mer Noire à Sotchi.
Je cours une demi-heure quand j’ai une journée chargée, je me lance dans un semi-marathon quand j’ai un jour de repos, ou — juste pour changer un peu — je fais une petite course puis du vélo pendant un moment.
Mais j’avais besoin de plus que ça pour rester en forme quand je suis en déplacement, alors je fais aussi l’impasse sur le pain qui t’est proposé avant que le menu n’arrive, je ne mange qu’une part de pizza tard le soir au lieu de la sacrée pizza entière, et je réserve le dessert pour Thanksgiving et Noël.
Je prends les escaliers quand j’ai le choix, je vais au boulot à pied quand je peux et j’explore les villes que je visite à pied. À la maison, je cours à la banque — surtout pour faire des dépôts — et je me gare à l’endroit le plus éloigné des portes du centre commercial pour marcher un peu et évacuer ma frustration.
Rien de tout ça ne me vaut une médaille, un trophée ni même un deuxième regard, mais ça me permet de me sentir super bien.
Et en fait, quand on y pense, je n’ai pas vraiment changé.
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