De nouvelles recommandations sur la testostérone pour aider les médecins canadiens
Un guide pratique pour t'aider à diagnostiquer et à traiter un faible taux de testostérone

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Vancouver, le 26 octobre 2015 – La prise en charge des patients présentant un faible taux de testostérone fait l’objet d’une controverse, et de nombreux professionnels de santé hésitent à traiter la déficience en testostérone. Une nouvelle recommandation vise toutefois à fournir une feuille de route pour aider à diagnostiquer et à traiter ce problème de santé. Ces recommandations, élaborées par la Fondation canadienne pour la santé des hommes et publiées dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal), s’adressent aux médecins généralistes, aux internistes généralistes, aux endocrinologues, aux gériatres et aux urologues, ainsi qu’aux psychiatres, infirmiers praticiens et pharmaciens qui s’occupent d’hommes d’âge mûr ou plus âgés.
« Le recours au traitement hormonal substitutif, tant chez les femmes que chez les hommes, a fait l’objet de nombreuses controverses au fil des ans », explique le Dr Alvaro Morales, président du groupe chargé des recommandations et urologue au département d’urologie de l’université Queen’s, à Kingston, en Ontario. « La situation chez les hommes est encore plus complexe que chez les femmes, car contrairement à la ménopause, le syndrome de déficit en testostérone n’est[TDS] pas un phénomène inévitable lié à l’âge. C’est une erreur d’extrapoler l’expérience de la thérapie hormonale substitutive pour la ménopause chez les femmes à la prise en charge du syndrome de déficit en testostérone chez les hommes. »
Bien que des hommes canadiens âgés soient traités pour une déficience en testostérone, beaucoup n’ont pas reçu de diagnostic clinique de cette déficience. Une étude récente a révélé qu’un homme sur 90 âgé de plus de 65 ans s’était vu prescrire un traitement de substitution à la testostérone, mais que seuls 6 % d’entre eux avaient reçu un diagnostic formel de faible taux de testostérone.
Les symptômes d’une carence en testostérone comprennent notamment la fatigue, des troubles sexuels, des sautes d’humeur, une prise de poids, une perte de masse et de force musculaires, des troubles du sommeil, etc. Ils peuvent être subtils et être influencés par l’âge, d’autres maladies et la prise de médicaments.
Diagnostiquer une carence en testostérone peut s’avérer difficile, car certains tests de laboratoire présentent des degrés de précision variables.
« Le groupe de travail reconnaît que la prise en charge du syndrome de déficit en testostérone reste très controversée et que, dans de nombreux cas, la qualité des données probantes continue d’être douteuse », déclare le Dr Morales. « Cependant, les professionnels de santé doivent prendre en charge les patients présentant des manifestations cliniques et une confirmation biochimique du diagnostic. »
Pour combler le manque d’informations sur la prise en charge clinique de la déficience en testostérone, la Fondation canadienne pour la santé des hommes (CMHF) a créé le Groupe de travail multidisciplinaire de la CMHF sur les recommandations relatives à la déficience en testostérone, composé de membres issus de divers domaines cliniques. Bien qu’il existe d’autres recommandations sur le traitement à la testostérone, ces nouvelles recommandations, fondées sur les données les plus récentes, ont été élaborées à l’intention d’un large public multidisciplinaire canadien composé de médecins généralistes, de spécialistes et d’autres professionnels de santé.
« La prise en charge du syndrome de déficit en testostérone fait l’objet de controverses depuis des décennies et contribue fortement à l’incertitude chez les cliniciens », écrivent les auteurs. « Parmi les questions controversées, on retiendra notamment les inquiétudes concernant la précision diagnostique des tests de laboratoire, ainsi que la santé cardiovasculaire et celle de la prostate. »
Recommandations clés :
Diagnostic
- Les médecins doivent réaliser une anamnèse complète et un examen physique approfondi pour identifier les patients qui devraient subir des tests biochimiques.
- Le premier test biochimique doit consister à mesurer les taux de testostérone totale dans des échantillons prélevés le matin entre 7 h et 11 h (ou dans les 3 heures suivant le réveil pour les travailleurs postés).
Traitement et suivi
- Les hommes chez qui on a diagnostiqué une insuffisance en testostérone et qui ne présentent aucune contre-indication devraient suivre un traitement à base de testostérone.
- Si les symptômes de déficit en testostérone sont évidents mais que les résultats des analyses de laboratoire ne sont pas concluants, on recommande de tester un traitement substitutif à la testostérone pendant 3 mois.
- Pour les hommes qui souhaitent préserver leur fertilité plutôt que de soulager leurs symptômes, le groupe de travail déconseille le traitement à la testostérone.
- Les hommes présentant un syndrome de déficit en testostérone et une maladie cardiovasculaire stable sont des candidats au traitement à la testostérone.
- Pour les hommes atteints d'un cancer de la prostate métastatique, le groupe d'experts déconseille le traitement du déficit en testostérone.
- Il est recommandé d’évaluer la réponse du patient au traitement à la testostérone au bout de 3 et 6 mois, en tenant compte des bénéfices et des effets indésirables.
« On espère que ça[this guideline] aidera les médecins et leurs patients à s'y retrouver dans le domaine complexe du déficit en testostérone », déclare le Dr Morales.
Les auteurs des recommandations notent que de nouvelles recherches permettront de mieux comprendre le déficit en testostérone et pourraient aider à mettre fin à la controverse autour de cette affection. Ils prévoient de mettre à jour ces recommandations d’ici trois à cinq ans.
Pour aider les patients et leurs médecins à prendre des décisions éclairées, la CMHF a mis au point deux programmes de sensibilisation à la santé : YouCheck.ca permet à un homme d’évaluer son risque personnel, sur 10 ans, de développer six maladies, dont le déficit en testostérone. DontChangeMuch.ca aide les hommes à prévenir l’apparition de maladies chroniques en les encourageant à faire de petits pas vers un mode de vie plus sain.
Dans un commentaire à ce sujet, le professeur Geoffrey Hackett, urologue à l’hôpital Heartlands de Birmingham, au Royaume-Uni, et chercheur spécialisé dans la carence en testostérone, écrit : « Le syndrome de carence en testostérone est un domaine source de désaccords et de controverses. Une nouvelle recommandation canadienne de la Fondation canadienne pour la santé des hommes est la bienvenue, compte tenu du volume considérable de recherches menées sur ce sujet au cours des cinq dernières années. »
Il précise qu’il existe de nombreux aspects du syndrome de déficit en testostérone pour lesquels il n’y a pas de consensus sur le diagnostic et le traitement. Par exemple, il recommande un essai de 6 mois de traitement à la testostérone plutôt que la période de 3 mois indiquée par la recommandation.
« Beaucoup apprécieront la clarté apportée par la nouvelle recommandation canadienne et d’autres recommandations récemment révisées, mais de nombreuses questions cliniques importantes restent en suspens. Malheureusement, il est peu probable que les essais cliniques idéaux, nécessaires pour fournir les niveaux de preuve les plus élevés, soient un jour menés, pour des raisons éthiques, pratiques et financières », conclut le professeur Hackett.
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Pour des interviews : Professeur Geoffrey Hackett, Heartlands Hospital, Birmingham, Royaume-Uni, [email protected]. Attention : décalage horaire de +5 heures par rapport à l'heure de l'Est.
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Kim Barnhardt, Communications, CMAJ
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